Andy Goldsworthy: rivières et marées

Andy Goldsworthy est un artiste britannique qui produit des sculptures intégrées à des sites spécifiques urbains ou naturels. Il est l’un des principaux artistes du Land art et utilise des objets naturels ou récupérés pour créer des sculptures éphémères ou permanentes faisant ressortir le caractère de leur environnement.

Biographie

Andy Goldsworthy est né en 1956 dans le Cheshire (Angleterre) puis a grandi Leeds dans le Yorkshire. Jeune adolescent, il effectue des travaux dans des fermes où il prend conscience de la beauté de la nature façonnée par l’homme mais aussi de sa dureté et de la tâche répétitive imposée aux paysans. Cette expérience influencera son développement artistique au même titre que sa formation aux Beaux-Arts qu’il intègre en 1974 (Bradford Art College), “surtout en ce qui concerne une réponse à la terre et au travail des matériaux”. Il poursuivra ses études à la Preston Polytechnic à Lancaster (1975-1978) dont il sortira “Bachelor of Arts”. Goldsworthy va ensuite successivement habiter dans le Yorkshire, le Lancashire et en Cumbrie avant de s’installer plus au Nord encore, en Ecosse, dans le Dumfriesshire. Depuis 1986, il réside dans le village de Penpont où il a installé son atelier dans un ancien grenier en pierre. Artiste de renommée internationale, Goldsworthy travaille depuis les années 70 dans de multiples pays et paysages.

Style artistique

Andy Goldsworthy travaille généralement en plein air, avec des matériaux trouvés sur place, bien qu’il ait réalisé à l’occasion certaines œuvres à l’intérieur de bâtiments, musées ou galeries (par exemple, le mur d’argile à Digne). Il utilise quasi exclusivement des matériaux ou objets naturels (neige, glace, feuilles d’arbres, tiges, galets, fleurs, etc…) pour ses œuvres (à quelques exceptions près, comme par exemple le cairn édifié à partir de morceaux d’acier sur le site d’une ancienne mine).

Andy Goldsworthy n’utilise généralement pas d’autres outils que ses propres mains et dents, des outils improvisés et éventuellement un opinel. Il lui est arrivé de faire appel à de la machinerie lourde ou légère pour réaliser des œuvres d’envergure et permanentes (notamment les cairns les plus grands ou des sculptures comme Roof, Stone River et Three Cairns, Moonlit Path et Chalk Stones). Pour la création de Roof, Goldsworthy a travaillé avec son assistant et cinq maçons qui se sont assurés que la structure puisse survivre au temps et à la nature.

À l’instar de nombreux artistes du Land art, Andy Goldsworthy considère ses œuvres comme de “l’art éphémère“, le temps de dégradation pouvant varier de quelques secondes à plusieurs années: sculptures de glace qui ne durent qu’une saison, sculptures de sable sur une plage disparaissant à la première marée, constructions de pierre ou de métal qui ne subissent qu’une entropie naturelle.

La photographie joue un rôle crucial dans son art. Goldsworthy conserve les traces de ses œuvres au moyen d’épreuves photographiques en couleur dont beaucoup sont accompagnées d’un titre sous forme de légende expliquant la genèse de l’œuvre. Selon ses propres termes, “chaque œuvre pousse, subsiste, se dégrade, composantes intégrales d’un cycle que le photographe montre à leur point culminant, balisant le moment où l’œuvre est la plus vivante. Il y a une intensité dans une œuvre à son sommet qui j’espère s’exprime dans l’image. L’évolution et le délabrement sont implicites”.

Son intention n’est pas “d’apposer sa marque” sur le paysage mais de travailler instinctivement avec lui, afin que ses créations manifestent, même brièvement, un contact en harmonie avec le monde naturel. Il s’intéresse particulièrement au temps tel qu’il est rendu manifeste par l’évolution de la nature. “Mouvement, changement, lumière, croissance et altération sont l’âme de la nature, les énergies que j’essaie de faire passer à travers mon travail”. Andy Goldsworthy voyage beaucoup mais se concentre sur un seul endroit. C’est ainsi qu’il a rendu visite, à plusieurs reprises, à un rocher bien précis près de Saint-Louis dans le Missouri. Il a également travaillé dans le désert d’Australie, à Grise Fiord au nord du Canada, et au Pôle Nord pendant deux jours.

Sources: Wikipedia, Refuge d’art, Allo Ciné et NetKulture